Paul Marty, L'Islam en Guinée: Fouta Djallon



Histoire et Politique | Edité en 1921 | ISBN: | Prix: 0 GNF

A la fin du dix-huitième siècle, le Fouta-Diallon est islamisé dans son ensemble et inféodé à la voie qadria, qu’apportèrent avec eux les chefs et les marabouts de la conquête. En effet le Hodh et le Macina, d’où ils étaient sortis, étaient depuis deux siècles sous l’obédience des Kounta Bekkaïa, du nord de la boucle, et ces Kounta se rattachaient par le Touat à l’Islam Qadriya de l’Afrique du Nord.

 

L’active propagande d’un marabout mystique et illuminé, qui en conserva le nom de Soufi, devait attirer au Chadelisme une bonne partie des Foula. Cette voie devient à la mode dans la première moitié du dix-neuvième siècle. La fulgurante épopée d’Al-Hadj Omar, installé à Dinguiraye sur la limite du Fouta, où les Foula purent le suivre attentivement, attira à son Tidianisme, dès son vivant, mais surtout au lendemain de sa mort, l’immense majorité des Foula.

 

A la fin du dix-neuvième siècle, au moment où les Français se consacrent définitivement à l’annexion du Fouta, les Foula sont dans leur ensemble Tidianiya Omarïa. Trois groupements seuls étant restés inféodés aux Chadelia des générations précédentes. On trouve ces trois groupements sadialiya (ou sadialiyanke), comme disent les Foula dans le Ndama (Koumbia), le Goumba (Kindia), le Labé (Diawia).

 

Quant aux Qadria, ils ont à peu près disparu de la collectivité foula.

Ali le Soufi, l’apôtre du Chadelisme dans le Fouta, était un Foula, de la famille Seleyanke, tribu Diallubhe. Il était né à Karantagui dans la province de la Komba orientale (Labé) et y avait fait ses premières études. Le désir de s’instruire l’amena à Fez, où il suivit les leçons d’un maître marocain, Ali Soufi le Fassi, dont par piété il prit le nom. Initié par ce marabout aux arcanes de la mystique et rattaché par lui à la famille spirituelle du saint Chadeli, le pieux Foula revint dans son pays et s’employa à fai

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